Caroline Brisset

En tant qu’artisan, ouvrière, artiste ou designer, à travers la sculpture, l’installation et la performance, je travaille le métal.

Je tente inlassablement de modifier les particules invisibles de l’acier. C’est surtout pour provoquer un décalage dans l’habitude, je cherche à déplacer les atomes jusqu’aux limites de leurs capacités. Je cherche la contradiction de l’acte et de la forme et tente de sentir à travers mes sculptures que cette matière est discontinue, fragile et pleine de vide et à la fois très dense, lourde et pesante. Trouver un souffle dans la masse inerte.

En faisant cela, je cherche souvent inconsciemment à ce que l’apparence de la matière soit en contradiction avec sa constitution.

Ce ne sont pas des représentations d’idées ou de sentiments, mais des manifestations palpables du métal lui-même, sa forme, son volume, sa température, son équilibre, la poétique qui en émane.

Je manipule le métal et tente d’en révéler l’énergie intrinsèque. Je cherche à prendre en compte toutes ses propriétés. J’explore ses limites et ses possibilités physiques, le chauffe, le martèle, le tords. Je cherche à lui faire dire quelque chose de lui-même. Cela peut-être un sentiment de lourdeur exacerbé, ou au contraire une finesse et une fragilité inhabituelle, ou encore un déséquilibre qui trouble par sa posture et par sa forme. C’est un dialogue ouvert avec la matière.

Se révèlent alors les capacités formelles dans une matière qui devient un objet empreint d’une identité singulière, et qui relève parfois de l’organique ou du vivant.

Photo illustrant l’article

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